Enseignement
Séminaire sc. économiques et sociales

Séminaire sc. économiques et sociales

Engineering sociology par Richard Harper, Professor of Socio-Digital Systems, Principal Researcher, Socio-Digital Systems, Microsoft Research, Cambridge

Jacques Crémer, Directeur de recherche CNRS, Toulouse School of Economics

Comme les précédents, ce séminaire a fait l’objet de débats passionnants qui vont nourrir la réflexion de l’École sur la formation des ingénieurs et l’évolution des enseignements pour les préparer du mieux possible à leurs futurs métiers.

Autour de ce thème, des conférenciers prestigieux de France, du Royaume-Uni et des États-Unis, ont été invités à débattre avec les enseignants-chercheurs de l’École sur leur vision de leur discipline.

Ainsi, à la fois Hal Varian, Chief Economist chez Google et Professeur à l’Université de Berkeley, Jacques Cremer, Directeur de recherche CNRS et à Toulouse School of Economics, Richard Harper, Principal Researcher à Microsoft Research à Cambridge, Christophe Midler, Directeur du Centre de Recherche en Gestion à l’École Polytechnique, et Bruno Latour, Directeur adjoint de Sciences Po Paris, ont pu présenter leurs expériences et leurs projets en économie ou en sciences sociales et les confronter aux réactions des participants. Suite

  • Hal Varian, Chief Economist, Google

Parmi les idées fortes exprimées, on peut retenir notamment :

  • il y a des notions de base en économie que le futur ingénieur doit absolument acquérir car elles structurent son futur environnement : il faut les enseigner en se concentrant sur les points critiques sans prétendre couvrir tout le spectre (« less and better » en citant l’un des intervenants, car la première partie du séminaire s’est tenue en anglais) ;
  • l’économie pour les ingénieurs, ce ne doit pas être que des connaissances, mais aussi une façon de penser ;
  • il y a des champs économiques de plus en plus présents dans la vie des entreprises que l’ingénieur doit savoir appréhender : statistiques/traitement des données, politique (régulation, concurrence, propriété industrielle), business models, gestion de projets… ;
  • illustrer l’économie par les exemples (« raconter les histoires ») : par exemple les échecs ou les succès de différents business models (le mobile dans les pays en voie de développement, la publicité sur les moteurs de recherche et son système d’enchères…), l’émergence de « micro-multinationales » rendues possibles par les télécommunications et qui doivent inciter les étudiants à rester connectés avec leurs condisciples internationalement ;
  • l’importance de plus en plus marquée de l’innovation et du design par des équipes multidisciplinaires dans l’entreprise et comment l’enseigner ou du moins sensibiliser les étudiants par des mises en situation ;
  • le rôle crucial du facteur humain et les relations complexes entre sociologie et ingénierie, notamment par les exemples des succès ou des échecs dans le développement des services de télécommunications et les nouveaux usages liés aux comportements des individus (SMS, réseaux sociaux...) ;
  • la nécessité de brasser les cultures et les métiers, d’aller au-delà de l’interdisciplinarité : plutôt que d’ajouter les sciences sociales aux disciplines techniques, les intégrer. Sensibiliser les étudiants aux approches multiples (comme « Ulysse aux mille ruses »), à la controverse scientifique mettant en jeu des acteurs différents (possibilité de collaborer avec Sciences Po et beaucoup d’autres universités sur ce sujet)…

Bref, beaucoup de pistes très intéressantes à creuser pour enseignants et chercheurs !

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