Télécom ParisTech

Conclusion

par Jean-Michel Hubert, Président délégué du Comité Stratégique pour le Numérique

JM Hubert revient sur les différents débats de la journée, pour en tirer des enseignements et des conclusions, à la lumière de son expérience comme ancien responsable de l’ART et, pour le compte du Premier Ministre, de Président du Comité Stratégique pour le Numérique.

Il avoue avoir eu un peu peur en lisant le titre de la table ronde de la fin de matinée : faisons-nous le bon choix ? Souhaitait-on rouvrir un débat clos par la décision du Premier Ministre de fin 2008 ? En pratique, les discussions de la journée ont montré que le débat n’a pas été rouvert, et qu’au contraire il y a consensus sur les options retenues.

Cela s’est vu en particulier dans les propos explicites d’Emmanuel Gabla et de Gilles Maugars, qui ont considéré qu’un bon équilibre avait été trouvé et que les vrais besoins avaient été pris en compte, dans le respect de la Loi qui avait décidé que la majorité du dividende numérique serait attribuée à l’audiovisuel.

François Rancy a rappelé l’étape importante qu’a représentée la CMR 2007. Même si il ne s’agissait à ce stade que d’une possibilité parmi d’autres, le signal était fort. Une fois que l’on a pu vérifier la faisabilité de diffuser 11 multiplex TNT, les choses se sont accélérées et se sont conclues par la Décision du Premier Ministre. Il importait de donner rapidement de la visibilité aux 2 secteurs, audiovisuel et télécoms.

Il est clairement apparu que la couverture du pays par un réseau internet mobile est un objectif incontournable.

Et ce pour deux finalités complémentaires :

  • exigence de mobilité pour les données, comme cela a été le cas pour le GSM pour la voix,
  • contribuer avec les réseaux mobiles à la couverture du territoire (en alternative au fixe).

Et pour ce deuxième point, il est clair que les coûts d’investissements sont très inférieurs aux fréquences « en or » qu’aux fréquences plus élevées. Il faut s’attendre à ce que l’ARCEP mette en face des attributions de ces fréquences des objectifs larges de couverture.

Pour le monde audiovisuel, certains problèmes restent posés. Mais les débats ont clairement fait apparaître que l’avenir des chaînes passe par une évolution dans la distribution des contenus, en s’appuyant sur les différentes technologies disponibles.

Déjà aujourd’hui, plus de 50 % des foyers français reçoivent la TV par une autre moyen que par l’hertzien.

Sur la question de la couverture, JM Hubert fait référence au débat récent au parlement (auquel Laure de La Raudière a participé jusque tard dans la nuit). Les parlementaires ont bien mis en évidence l’ensemble des solutions pouvant contribuer à la lutte contre la fracture numérique et les enjeux économiques et sociaux associés, intégrant un impact sur la croissance.

Mme Kosciusko-Morizet a donné des orientations fortes à l’occasion de ce débat : il faut libérer l’action des acteurs, y compris celle des opérateurs, il faut anticiper et il faut coordonner l’intervention institutionnelle et le pilotage par le marché.

JM Hubert a depuis le début de ces travaux une forte conviction : les choix faits au niveau du dividende numérique ne peuvent être qu’Européens, il y a besoin d’un accord. On a pu noter aujourd’hui que les choses progressent dans le bon sens. Il souhaite en profiter pour préciser le rôle joué par la Grande Bretagne dans ce débat : certes, ils ont été parmi les premiers à pousser le principe du dividende numérique, mais c’était avec une sous bande différente et c’est la position française qui les a fait évoluer vers ce qui préfigurait l’accord Européen.

À l’occasion de la mise en place de la nouvelle Commission, M. Fillon a exprimé un message fort : il faut que l’ensemble de l’Europe fasse un front commun vis-à-vis des équipementiers chinois et acteurs américains, dans le respect de la concurrence.

Le LTE est un grand enjeu, il se dégage un accord global en faveur de cette solution, mais il manque encore un éclairage sur la manière de l’introduire et sur le rythme de cette introduction.

2012 sera une année cruciale : elle marquera la fin de la TV analogique dans de nombreux pays européens, l’accès optique aura sûrement progressé, et la complémentarité entre les solutions fixes et mobiles sera mieux comprise. La date de 2014 a été évoquée pour l’introduction du LTE. On pourrait être plus volontariste.

JM Hubert revient sur la période de l’attribution des licences UMTS, période qu’il a bien connue. En 2002, la pression était politique, mais tout le monde savait que l’UMTS aurait du retard, lui-même avait déclaré que les services n’ouvriraient pas avant 2005. Avec le LTE, on risque de se retrouver un peu dans la même situation.

Dans la suite des débats, il faut éviter les ambiguïtés, La couverture est un objectif fondamental, les choses ne doivent pas être faites pas de façon séquentielle, même si tout le monde est conscient que cela prendra plusieurs années. Il y a une forte attente des politiques, qui souhaitent pouvoir assurer aux citoyens ruraux qu’ils ne seront pas servis les derniers.

JM Hubert évoque un dernier point : la solution satellitaire est une solution à part entière, qui va être encouragée par l’aide de l’Etat (à hauteur de 100 ME) pour l’équipement en paraboles pour la réception de la TNT.

Après les débats d’aujourd’hui, JM Hubert souhaite approfondir la question suivante : comment utiliser les antennes télévision pour les services aux services bidirectionnels, pour mieux rentabiliser cet investissement de l’Etat ?

Mot de la fin par Yves Poilane, Directeur de Télécom ParisTech

Yves Poilane remercie Jean Michel Hubert pour son excellente synthèse. Il remercie également les organisateurs et les intervenants, félicite les participants pour leur assiduité et leur donne rendez-vous l’année prochaine pour un rendez-vous du même type, qui lui semble avoir trouvé son positionnement à la croisée entre les technologies et les développements qu’elles permettent au niveau de la société.

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