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Haut débit et services mobiles

par Catherine Le Drogo, Marketing Mobile Multimédia, Orange

Catherine Le Drogo commence son exposé en rappelant que le développement des usages passe par les terminaux. Certes, l’i-Phone a mis en évidence un fort potentiel de développement, mais le marché ne se résume pas à celui-ci, ni même plus généralement aux smartphones. Il y a le développement des clés 3G, qui deviennent un élément incontournable des PC nomades, alors que ceux-ci prennent le pas sur les PC fixes. Et on observe le développement des Netbooks.

L’internet mobile représente 400 Teraoctets par mois, multipliés par 4 en un an. L’envoi de photos est désormais un besoin mature : 143 millions de MMS en 2008. Côté musique, le mobile est devenu un baladeur MP3. Côté jeux, Orange est la première plateforme de téléchargements.

Les utilisateurs consomment 200 MOctets par mois : cela préfigure ce qui nous attend en termes d’usages. Il y a 4 ans, le maximum était 10 MOctets ! Et il y a déjà 1,4 million d’i-phones chez les clients d’Orange.

Le Streaming (250 kbit/s) se développe, ainsi que le streaming sur Internet (You Tube). Le Streaming audio se développe également.

Orange a déjà 1 million de clients pour la Télévision sur mobile, qui consomment en moyenne 1h40 par mois.

Sans compter le développement des réseaux sociaux, qui deviennent un « must have » et celui des application stores.

Les services 3G représentent 6 % des cartes SIM, mais génèrent les 2/3 des trafics data (i-phone + clés 3G).

Donc la révolution vient du terminal, confortée par la montée en débit permise par les réseaux et par les offres d’abondance.

Le principe (imposé par la régulation) est le découplage entre le terminal et l’offre.

Catherine Le Drogo revient sur les problèmes récents de surfacturation liés à des usages de clés 3G à l’étranger: il faut donner au client les moyens de maitriser sa facture par des alertes adaptées.

Il faut adapter les services du fixe pour le mobile, notamment compte tenu des contraintes réseaux. Il y a donc une optimisation nécessaire des services. Mais il faut aussi éduquer le marché, notamment certains acteurs américains.

Catherine Le Drogo rappelle les couvertures du réseau d’Orange en France : 85 % pour la 3G+ en octobre 2009, et 99 % en EDGE.

Catherine Le Drogo conclut en confirmant qu’au vu du développement des usages, les ressources spectrales supplémentaires seront rapidement nécessaires.

En réponse à la question de M. Nozières sur le développement de nouvelles infrastructures en alternative à l’attribution de nouvelles ressources spectrales, C. Le Drogo souligne les possibilités offertes par la convergence, notamment l’utilisation d’autres modes d’accès à la maison (tel que le WiFi) pour minimiser l’impact sur les réseaux. Elle rappelle que l’i-Phone offre cet accès WiFi, ce qui n’est pas le cas de tous les smartphones malheureusement.

Il y a d’autres actions : lancement de la télévision mobile sur Wifi, téléchargement découplé de l’usage. Mais il restera le problème des grands évènements, comme dans le domaine des sports où l’on peut observer plus de 10 000 streams simultanés !

Le Wifi ne saura pas tout résoudre. On revient sur les questions de télévision mobile personnelle. Le DVBH suppose le développement d’un réseau dédié, mais surtout il y a le problème du terminal, pour lequel l’écosystème est très réduit, sans compter le problème de l’intégration sur le terminal de l’accès à plusieurs réseaux. L’approche IMB semble préférable, car elle permet de rester sur la même infrastructure, sans demander de ressources supplémentaires.

  • Question : quand aura t-on besoin du LTE ? Est-il envisagé de faire du refarming avec du LTE ?
  • Catherine Le Drogo évoque la date de 2014 pour le LTE. Et précise que la priorité est donnée au refarming GSM vers UMTS.
  • Question : Quand cela va-t-il devenir critique en termes de capacités pour les réseaux ?
  • C. Le Drogo mentionne la date de 2012, tout en indiquant qu’il existe des moyens de réduire le débit : par exemple en faisant passer le codage d’images animées en MPEG4, on peut améliorer la qualité tout en réduisant le débit.
  • Question : quelle est sa vision de l’évolution du parc des terminaux pour les applications multimédia ?
  • Il est bien connu qu’i-Phone caracole en tête, mais des terminaux HTC ou Nokia commencent à avoir des performances similaires. Nokia notamment se doit de garder sa place de leader. Blackberry offre un bon service mails qui trouve maintenant ses clients au-delà du marché des entreprises.
  • Les options prises par les acteurs dans le domaine des Operating Systems sont importantes. Android est-il adapté à la fois pour des terminaux haut de gamme et pour des terminaux bas de gamme ? Windows Mobile va-t-il revenir dans le marché avec la version 7.0 ?
  • Les terminaux développés par les fabricants Chinois (ZTE, Huawei) sont très compétitifs : il y a une évolution vers les Webphones, plutôt que des Smartphones, avec des réductions de prix.
    Il va y avoir une période d’adaptation pour les nouveaux usages, mais l’expérience des services de TV est positive, puisque les clients ont adopté le produit en quelques années, alors qu’au démarrage, il y avait beaucoup de sceptiques…

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