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S’engager vers la 3G+ et le LTE

par Jean-Louis HUREL, Directeur Marketing Consultatif, Division Réseaux Mobiles, Alcatel-Lucent

JL Hurel se place d’emblée sur le terrain économique et technique. Compte tenu des transformations de réseaux nécessaires, y a-t-il des options pour assurer une croissance durable ?

Certes les premiers succès des smartphones et notamment de l’i-Phone sont encourageants : on peut en avoir pour preuve le développement des applications stores (100 000 applications dans celui d’Apple).

Par ailleurs, la croissance du trafic est servie par des tarifs attractifs.

Mais le problème de fond est que cette croissance des usages se traduit par une augmentation du coût par abonné en forte rupture de pente par rapport à la croissance des revenus. JL Hurel montre des résultats d’études selon lesquelles les courbes se croiseraient dès 2012.

Avec la montée en débit et avec le LTE, un autre poste de coût risque d’exploser, celui du backhaul des stations de base.

Pour éviter la saturation des réseaux, il faut à la fois de nouvelles ressources spectrales et une meilleure efficacité spectrale (ce que procure le LTE).

Il cite la stratégie agressive de Verizon qui a investi dans une nouvelle bande à 700 MHz en 2008 et qui compte obtenir dès 2013 la même couverture en LTE qu’en CDMA. Il rappelle que Verizon a retenu Alcatel-Lucent pour ses déploiements LTE.

Toutes les opportunités de réductions de coût sont à rechercher, par exemple grâce à la migration vers le tout IP ou grâce à la convergence des réseaux. Mais cela ne sera pas suffisant pour casser le risque revenu versus coût : il est vital de développer de nouvelles sources de revenus (trafic, applications, publicité, nouveaux services liés à la localisation, mobile marketing,…).

Pour faire face à l’augmentation des besoins en capacités, il va falloir multiplier le nombre de cellules, en allant vers des cellules plus petites. A la limite, comme vient de le lancer SFR en France, les Femtocells, dans les domiciles, peuvent contribuer à la couverture. Mais derrière ce type d’architecture, il faudra savoir gérer la complexité au travers de concept comme Self Organized Networks allant vers Maximally Optimized Networks.

Gérard Pogorel demande des explications sur les coûts de revient unitaire, par exemple par bit/s et sur les possibilités de baisse de ces coûts. JL Hurel répond en donnant quelques résultats complémentaires, montrant l’influence des différents facteurs dans ces coûts et leurs évolutions dans le temps, grâce aux actions engagées au niveau des industriels, mais aussi au niveau des opérateurs (mutualisation des exploitations, mutualisation des accès radio, …)

En référence à l’annonce récente de SFR, Armand Lévy s’interroge sur le fait que les femtocells puissent être financées par les clients. JL Hurel renvoie la question vers SFR…

Gérard Pogorel demande si la dynamique des industriels est bien en phase avec les besoins de la société et les enjeux de la lutte contre la fracture numérique, notant que la situation de beaucoup d’industriels est très difficile. Quelle est la capacité d’innovation dans un contexte concurrentiel intense ? JL Hurel, tout en reconnaissant la dureté des temps, semble confiant sur la capacité du monde industriel à maintenir son niveau d’innovation, à condition de bien cibler les objectifs vers la création de services et la réduction des coûts.