Télécom ParisTech

ParisTech Entrepreneurs, un tremplin pour start-up

Pour sa société de domotique Sevenhugs, Simon Tchedikian a été soutenu par ParisTech Entrepreneurs. John Phillips/AFP

8 février 2018

L'incubateur de Télécom ParisTech a déjà accompagné 400 projets portés par les diplômés ou les chercheurs de l'école

Dans son petit bureau au premier étage de l'incubateur de Télécom ParisTech, c'est un « radiateur-ordinateur » qui chauffe la pièce. « C'est l'oeuvre de Qarnot Computing, une start-up qui s'est développée chez nous : l'idée est d'utiliser des microprocesseurs comme source de chaleur », s'enthousiasme Pascale Massot, à la tête depuis dix ans de ParisTech Entrepreneurs, l'incubateur de Télécom ParisTech spécialisé dans le domaine des technologies de l'information et de la communication.

Dans ce bâtiment du 14e arrondissement parisien, trente-cinq jeunes pousses sont chaque année épaulées par une équipe spécifique de quatre personnes, dirigée par Pascale Massot. « Notre mission est d'aider les créateurs d'entreprise à se lancer en leur offrant un lieu, des ressources logistiques, un accompagnement sur mesure et des interlocuteurs adaptés à tous les stades de leur projet », résume cette diplômée de l'IEP de Grenoble et de l'IAE de Lille.

L'incubateur, créé en 1999 par Télécom ParisTech, école d'ingénieurs parisienne spécialisée dans le numérique, s'appuie aujourd'hui sur le réseau de l'ensemble des dix écoles d'ingénieurs de ParisTech. Il accueille des entrepreneurs en herbe qui se lancent dans le digital, du traitement de données à l'intelligence artificielle, en passant par la cybersécurité.

Ceux-ci ont en moyenne 35 ans et sont pour 62 % d'entre eux issus de Télécom ParisTech. « Même dans le numérique, il est assez rare de voir des jeunes porter un projet d'entreprise pendant leurs études. Nos résidents ont souvent engrangé quelques années d'expérience avant de se lancer », explique Pascale Massot, intarissable sur les 374 entreprises qui ont grandi dans ses locaux (issues de 400 projets soutenus).

Faire preuve d'humilité

La plate-forme de veille des médias Netvibes, créée en 2005, ou encore le site Hellocoton (2008) figurent parmi les plus connues. Récemment, deux start-up maison ont été distinguées au prestigieux CES (Consumer Electronic Show) de Las Vegas. Il s'agit d'EnergySquare, qui fabrique des recharges sans fil par conduction, et de Sevenhugs, un concepteur de solutions domotiques. Les trajectoires de ces sociétés sont diverses : certaines demeurent de modestes structures, d'autres grossissent ou sont rachetées.

« L'essentiel est que ces entreprises puissent trouver leur marché », estime Pascale Massot. Les interactions entre l'incubateur et l'école sont multiples, souligne-t-elle, « l'enrichissement mutuel est permanent : ParisTech Entrepreneurs est un laboratoire pour Télécom ParisTech et, dans le même temps, l'incubateur bénéficie de l'environnement de recherche et de l'écosystème de l'école ». Ainsi, les activités de l'incubateur nourrissent plusieurs unités d'enseignement orientées vers l'entrepreneuriat en deuxième et troisième années, les start-up fournissant notamment des études de cas très concrets aux étudiants.

Ceux-ci effectuent par ailleurs des stages au sein de certaines jeunes pousses, d'autant plus formateurs que tout est à faire en phase de lancement. Il arrive également que les chercheurs des laboratoires de Télécom ParisTech soient sollicités pour apporter leur expertise aux start-up. « L'accompagnement de créateurs d'entreprise demande une grande humilité. Il faut être capable de dire que l'on ne sait pas et savoir les diriger vers l'interlocuteur le plus compétent, chercheur ou mentor, par exemple, détaille celle qui s'est investie par le passé dans le conseil aux entreprises au sein des chambres de commerce et d'industrie de Lille et de Lyon. Il faut rester positif, mais être capable de dire à son interlocuteur s'il fait fausse route ».

À l'issue ou au cours des dix-huit mois en moyenne passés au sein de l'incubateur, les créateurs d'entreprise bénéficient du réseau de financement de ParisTech Entrepreneurs : « business angels », fonds de capital-risque ou encore la fondation de l'école. En 2017, les start-up de l'incubateur ou sorties depuis moins de cinq ans ont levé 66 millions d'euros. « C'est important, bien sûr, mais ça n'est pas une fin en soi : une start-up n'a pas pour vocation de lever des fonds. Tout comme une société classique, son but est de vendre et de durer ! », lance Pascale Massot.

Un défi relevé par celles sélectionnées et accompagnées en ces lieux : le taux de survie des entreprises cinq ans après leur passage au sein de ParisTech Entrepreneurs est de 86 %.

Françoise Marmouyet
© Le Monde