Télécom ParisTech en bref : histoire

En retraçant rapidement les différentes étapes de l’histoire de l’École, on voit comment cette institution, en formant les ingénieurs du Corps pour la nation puis les ingénieurs civils pour l’industrie, a largement contribué au rôle clé joué par les Télécommunications françaises.

1878, création de l’École Supérieure de Télégraphie

Ou l’émergence d’un nouveau métier : ingénieur des télégraphes.

Les modalités d’intégration à l’École sont quasiment identiques à celles en vigueur aujourd’hui. Il y a bien sûr les élèves de l’École Polytechnique, classés d’après leur rang de sortie dans les télégraphes. Il existe également un concours externe, ouvert aux licenciés ès sciences, aux anciens de l’École Polytechnique, de l’École Normale… Mais l’École est aussi destinée à offrir des chances de promotion au personnel télégraphiste. Ils doivent réussir un concours interne. Louis-Adolphe Cochery, le fondateur de l’École, attend deux effets de cette sélection. Le premier est social : si l’origine des candidats est variée, leur avancement dans le service après leur sortie a lieu dans des conditions identiques. Les distinctions d’origine disparaissent définitivement.

Le second effet sera d’enrichir le corps des ingénieurs : « donner à l’État, des fonctionnaires, non seulement au courant de la science actuelle, mais prêts encore à en hâter les progrès ».

Le premier directeur de l’École fut Edouard Blavier, secondé par Ernest Mercadier qui devait par la suite s’illustrer comme directeur des études de l’École Polytechnique. C’est lui qui y fit installer l’électricité, d’importation toute récente en Europe.

C’est pourquoi l’argot de l’X a désigné cette lumière par le terme de « merca ». Avec l’invention du télégraphe électrique par Samuel Morse en 1837 et la mise au point du téléphone par Alexander Graham Bell aux États-Unis en 1876, les premiers besoins en formation se font rapidement et cruellement sentir.

Quand le lundi 4 novembre 1878 s’ouvre l’École Supérieure de Télégraphie, ancêtre de l’ENST, le Service des Télégraphes vient d’être uni à celui des Postes au sein d’un Sous-secrétariat des Finances. Louis-Adolphe Cochery deviendra l’année suivante le premier ministre des Postes et Télégraphes.

 


Louis-Adolphe Cochery, fondateur de l’École en 1878

Alexander Graham Bell, inventeur du téléphone en 1876

1888 : l’École Professionnelle des Postes et Télégraphes

…Et l’invention du mot « télécommunication », en 1904.

Dix ans après sa création, l’École Supérieure de Télégraphie accomplit sa première transformation en devenant l’École Professionnelle des Postes et Télégraphes. Elle comporte donc deux sections : à la section des élèves-ingénieurs s’était ajoutée une section d’élèves-administrateurs. Plus d’un demi-siècle avant la création de l’École nationale d’administration (ENA), on avait jugé que la gestion, elle aussi, réclamait une formation supérieure et des techniques propres. Parmi les directeurs de l’École, on remarque Léon Thévenin, dont le nom reste associé au célèbre théorème qu’il énonça et qui constitue, encore de nos jours, un outil d’analyse des systèmes électriques linéaires.

Édouard Estaunié lui succède en 1901. Célèbre à plus d’un titre, il a largement marqué l’évolution de l’École. Ce polytechnicien, grand commis de l’État et romancier connu, inaugura des cycles de leçons données par des conférenciers extérieurs à l’administration ; Henri Poincaré et Pierre Curie en firent partie. Il introduisit également des cours de culture générale, emmenant même les élèves au Louvre le dimanche matin ; comme quoi la question des humanités ne date pas d’hier ! É. Estaunié donna ainsi à l’École cet élan de haute université qu’elle n’a cessé de présenter et de développer depuis lors. C’est lui qui, en 1904, forgea le terme de « télécommunication » en voulant faire la synthèse de tous les « appareils » et de toutes les disciplines enseignées sous sa responsabilité.

La station de radiodiffusion à l’École

De 1910 à 1924, l’École fut animée par un autre grand directeur, C. Dennery. Il l’ouvrit encore davantage aux techniques présentes et lui adjoignit un laboratoire de recherche : le Service d’études et de recherches techniques, qui devait être, par la suite, à l’origine du Centre national d’études des télécommunications. La recherche déboucha, par exemple, sur une réalisation remarquable : peu après la mise en service, en 1921, de l’émetteur de radiodiffusion sur ondes longues installé à la tour Eiffel, Dennery créa l’année suivante la première station européenne de radiodiffusion sur ondes moyennes.

Un mot nouveau : « télécommunication »

« J’ai dû ajouter un mot nouveau à un glossaire déjà trop riche au gré de nombreux électriciens. J’espère qu’on voudra bien me le pardonner.
Les mots naissent dans les sciences neuves, comme
les plantes au printemps.
Il faudra s’y résigner, et il n’y a que demi-mal, puisque l’été qui doit suivre se chargera d’élaguer les
mauvaises pousses. »

Traité pratique de télécommunication électrique

Édouard Estaunié

Photographie de Edouard Estaunié en 1923

Édouard Estaunié, directeur de l’École de 1901 à 1910

Années 1930, 1940… et aujourd’hui : la rue Barrault, l’ENST et Télécom ParisTech

La rue Barrault et l’ENST

En 1934, l’École est séparée du Service d’études et de recherches techniques. Elle quitte les locaux du Ministère rue de Grenelle pour s’installer au 36 de la rue Barrault. En 1938, pour son cinquantenaire, le président Albert Lebrun la récompense pour « services essentiels rendus à la nation ». Pendant la guerre, l’École apporta sa contribution à la Résistance, comme tant d’autres communautés de jeunes. En 1942, elle reçoit son appellation définitive d’École Nationale Supérieure des Télécommunications. À partir de cette époque, le progrès des techniques de télécommunications et l’apparition de la télévision lui donnent une importance rapidement croissante. À partir de 1943, l’École recrute également des élèves-ingénieurs civils, se destinant à des carrières dans l’industrie privée.

Depuis, l’École n’a cessé de se développer pour suivre l’évolution spectaculaire des techniques de télécommunication.

Aujourd’hui : une grande école d’ingénieurs au cœur d’un monde devenu numérique

En développant constamment les échanges avec des partenaires exigeants du monde de la Recherche et de l’Entreprise, l’ENST, appelée Télécom Paris et aujourd’hui Télécom ParisTech, dispense un enseignement qui la situe au cœur d’un monde devenu numérique. Elle accueille plus de 1500 étudiants, toutes formations confondues, et plus de 200 enseignants-chercheurs. Elle a essaimé à Sophia-Antipolis avec EURECOM.

Le 1er janvier 2008 Télécom Paris est devenue Télécom ParisTech.

Elle s’installe à la rentrée 2019 sur le nouveau campus de Paris-Saclay où elle se positionne comme le collège de l’innovation par le numérique de Paris-Saclay. Parallèlement, elle s’engage à créer avec Polytechnique, l’Ensae, l’Ensta, Télécom SudParis et HEC une instution de sciences et technogies de rang mondial.